Depuis quelques années, en informatique de gestion des entreprises, se développe différentes technologies permettant de faire travailler ensemble des logiciels étrangers entre eux, grâce à leurs API et à des Connecteurs.
Zappier, Make et d'autres ont démocratisé un mouvement, dit No-Code, consistant à créer des système de traitement automatisés de l'information, en utilisant plusieurs applications, et en les faisant communiquer entre elles par des connecteurs, et en décomposant un processus compliqué en une suite d'actions simples.
La promesse de Make, par exemple, c'est de construire et automatiser n'importe quel workflow, sur une plateforme de programmation visuelle. En clair, rendre facile la mise en place d'un processus nécessitant normalement des connaissances complexes. D'accord, Make rend plus facile le travail de spécialiste consistant programmer un processus automatisé. Et plus le processus automatisé est long, plus c'est compliqué, plus ça a de sens d'utiliser Make pour faciliter le travail d'automatisation.
Mais trois questions apparaissent :
1 - La confusion entre problème compliqué, et problème complexe.
Un problème est compliqué lorsqu'il est composé d'un grand nombre de tâches, connues, qu'il faut toutes exécuter correctement pour arriver à la finalité. La décomposition en tâches simples est la solution pour gérer les projets compliqués.
Un problème est complexe lorsqu'il est composé de différentes actions, dont certaines liées à des variables inconnues. Il n'est pas possible de décrire totalement le système en entités individuelles autonomes.
Accompagner la transformation du business plan d'une entreprise, par la digitalisation, c'est un sujet complexe.
Accompagner le service des achats pour optimiser le processus de réapprovisionnement des stocks en fonction du prévisionnel de consommation, c'est un sujet compliqué.
L'automatisation de tâches ne réponds qu'à l'organisation de sujets compliqués en séquences d'action simples. C'est une dépense ponctuelle sans construction stratégique. Ca marche, mais on peut faire beaucoup mieux.
L'automatisation No-Code ne permets pas de répondre aux enjeux profondément complexes de la transformation des entreprises dans un monde digital en changement perpétuel.
"Donne un poisson, tu feras manger une personne un jour, donne une canne à pêche, tu le fera manger tous les jours".
Le No-Code est une solution de simplification de problèmes compliqués.
Odoo, en tant que plate-forme d'application intégrées et automatisables, peut être vu comme une solution d'automatisation No-Code.
Mais lorsque chez Tech4B nous intégrons Odoo, nous commençons par travailler la représentation de l'organisation des flux d'information. Il nous faut comprendre en quoi l'automatisation va débloquer des nœuds de productivité, et apporter une solution de transformation de l'entreprise dans un environnement complexe. Tout en permettant, bien entendu, l'automatisation de flux d'informations compliqués.
2 - La confusion entre l'optimisation du travail du prestataire informatique, et l'optimisation du travail de l'entreprise cliente.
Dans les arguments que nous entendons souvent de la part des éditeurs de connecteurs, c'est que cela rends plus facile la mise en place d'automatismes entre les logiciels existants.
Mais est-ce là l'intérêt du chef d'entreprise? La posture du dirigeant est-elle de demander à un prestataire de services digitaux de passer un peu moins de temps pour créer un automate d'envoi d'email? Je ne le crois pas.
Ce que devrait recherche un chef d'entreprise en premier, c'est un accompagnement pour optimiser le fonctionnement de son entreprise, de manière systémique. C'est la mise en place d'un outil qui change son entreprise. Pas la mise en place d'une technique qui change un outil.
Chez Tech4B, nous pourrions proposer l'utilisation d'une approche No-Code pour accompagner nos clients dans l'optimisation de leur entreprise. Mais à quoi bon construire des usines à gaz?
Notre mission, celle qui est essentielle, c'est d'optimiser votre entreprise. Vous faire gagner en productivité, de manière solide, stable, pérenne.
3 - Le transfert d'une problématique d'optimisation, à une problématique de dépendance stratégique
"Le degré d'intelligence de cette entité qu'on appelle une foule est inversement proportionnel au nombre d'individus qui la composent." Ainsi en est-il des algorithmes quand ils sont composés de blocs individuels. Plus vous empilez des boites noires, moins vous maitrisez leur fonctionnement. La logique du No-Code est séduisante pour prototyper une action. Elle est insensée pour gérer une entreprise sur le long terme.
mais pourquoi est-ce complexe de déclencher automatiquement la création d'un suivi de projet lorsqu'un devis a été signé?
Parce que le No-Code crée des processus avec une multitude de logiciels indépendants. Chaque module a sa propre vie, et ses propres vulnérabilités. La somme de tous ces modules nécessite une surveillance, et plus la chaine est longue, plus elle est difficile à surveiller.
L'inverse de la plateforme d'applications de gestion tout-en-un Odoo.